Le Dojo Nantais, fondé en 1957, labellisé OR FFJDA et fort de plus de 1 320 licenciés, suit de près les figures du para judo français. Hélios Latchoumanaya est l’une d’elles : médaillé de bronze aux Jeux Paralympiques de Tokyo en 2021, puis d’argent à Paris en 2024, il domine la catégorie J2 depuis des années. Né à Tarbes en 2000, atteint d’une rétinite pigmentaire, ce judoka déficient visuel est champion du monde. Son parcours sportif résonne avec celui des athlètes handisport formés au club.
Table des matières
1. Biographie d'Hélios : Tarbes, Toulouse et l'INSEP
Hélios Latchoumanaya naît le 4 juin 2000 à Tarbes, dans une famille d’origine guadeloupéenne. Il grandit dans le sud-ouest avant de gravir un à un les échelons du judo français. Son ascension passe par les pôles espoirs de Toulouse puis de Bordeaux. Chaque étape le rapproche un peu plus de l’élite.
Ses racines guadeloupéennes restent un point d’ancrage fort. Cette double culture nourrit sa fierté autant que sa motivation.
Aujourd’hui licencié à l’AS Bourg-la-Reine, il s’entraîne chaque jour à l’INSEP, l’institut national du sport. Là, il partage le tatami avec des judokas valides du haut niveau, un environnement exigeant qui accélère sa progression. La France le reconnaît comme sportif de haut niveau, avec un statut singulier : il participe aussi bien aux compétitions de judo valide qu’aux compétitions de para-judo.
- Naissance : 4 juin 2000 à Tarbes, origines guadeloupéennes
- Formation : pôles espoirs de Toulouse, puis Bordeaux, puis INSEP
- Club : AS Bourg-la-Reine
- Statut : sportif de haut niveau, double circuit valide et para judo
- Parcours hors tatami : études en communication et sport, chroniqueur pour L’Esprit du Judo
Cette polyvalence reste rare au sommet. S’entraîner avec des valides force le rythme, durcit les sensations et corrige les détails techniques. Hélios en tire un avantage concret sur le circuit J2.
| Année | Étape |
|---|---|
| 2000 | Naissance à Tarbes |
| 2007 | Premiers pas sur le tatami, à 7 ans |
| 2017 | Premier podium international (argent, Européens IBSA) |
| 2021 | Médaille de bronze aux Jeux Paralympiques de Tokyo |
| 2022 | Double sacre : champion du Monde (Bakou) et d'Europe (Cagliari) |
| 2023 | Champion du Monde (Birmingham) et d'Europe (Rotterdam) |
| 2024 | Médaille d'argent aux Jeux Paralympiques de Paris |
| 2025 | Champion d'Europe (Tbilissi), catégorie renommée -95 kg |
« C'est un vrai bonus pour moi de pouvoir m'entraîner tous les jours avec des valides du haut niveau français. Je progresse donc bien plus vite. »
Hélios Latchoumanaya — FFJUDO (2021)
2. Handisport : la rétinite pigmentaire qui n'a pas arrêté Hélios
Hélios est atteint d’une rétinite pigmentaire depuis l’enfance. Cette maladie dégénérative réduit progressivement le champ visuel. Elle le classe en catégorie B2, soit J2 dans la nomenclature du para-judo.
La classification B2 a un sens précis. Hélios voit encore partiellement, contrairement aux athlètes B1, qui sont aveugles totaux. Sa perception dépend de la luminosité ambiante. Dans les espaces sombres, il distingue peu. À la lumière, il perçoit encore son environnement. Cette nuance compte sur le tatami et dans son quotidien de sportif déficient visuel.
Cette déficience ne dicte pas sa trajectoire. Au judo, le combat débute au contact, les deux adversaires saisissant le kimono avant le signal. Le handisport adapte ainsi la pratique pour rétablir l’équité entre combattants. La saisie préalable neutralise l’avantage visuel et remet la technique au centre.
- Maladie : rétinite pigmentaire, dégénérative et progressive
- Classification : B2, soit J2, vision partielle conservée
- Adaptation : saisie du kimono avant le signal pour équité au combat
- Engagement : actions de sensibilisation handicap et sport
Au-delà du tatami, Hélios porte ce message. Il intervient dans des actions de sensibilisation autour du handicap et du sport. Son discours dépasse la performance : il montre qu’une déficience visuelle n’interdit pas le très haut niveau.
Pour comprendre comment fonctionne sa discipline, consulte les règles du para-judo. Elles expliquent pourquoi la saisie précède le combat et comment les catégories J1 et J2 sont définies.
3. Comment a-t-il découvert le judo à 7 ans ?
Hélios chausse son premier kimono à l’âge de 7 ans, à Tarbes, sa ville natale. Enfant débordant d’énergie, il trouve sur le tatami un cadre pour canaliser sa vitalité. La pratique devient vite bien plus qu’un loisir.
Il résume lui-même cette rencontre avec une formule simple : il était une pile, et le judo lui a permis de se contrôler. La discipline, le respect du partenaire et la maîtrise de soi structurent son apprentissage dès le départ. Ces valeurs accompagnent ensuite chacune de ses étapes vers le haut niveau.
Le judo lui offre aussi un repère stable face à sa déficience visuelle. Sur le tatami, le contact direct compense ce que la vue ne donne plus entièrement. L’enfant agité y gagne une concentration et une confiance qui ne le quitteront plus. Son parcours de judoka valide, avant de basculer vers sa discipline, renforce cette double compétence technique.
- Âge de début : 7 ans, à Tarbes
- Déclic : canaliser une énergie d’enfant débordante
- Apports : contrôle de soi, discipline, respect du partenaire
- Effet durable : un repère stable face à la déficience visuelle
Ce parcours rappelle celui de nombreux jeunes accueillis chaque saison sur les tatamis. Au Dojo Nantais, 2e plus gros club FFJDA de France avec plus de 1 320 licenciés, des enfants vivent la même découverte depuis 1957. Le judo transforme l’énergie en progression, valide ou non.
4. Palmarès : championnats et Jeux de 2017 à 2025
Entre 2017 et 2025, Hélios Latchoumanaya remporte deux titres mondiaux, trois titres européens et deux médailles paralympiques. Son palmarès couvre quatre continents et neuf compétitions majeures. Le tableau ci-dessous récapitule son parcours sportif en catégorie J2.
Sa progression internationale démarre dès 2017, à 17 ans, avec un premier argent aux Championnats d’Europe IBSA de Walsall. Les premières années, il décroche l’argent aux Championnats d’Europe IBSA, à Walsall en 2017 puis à Gênes en 2019. La médaille de bronze de Tokyo confirme ensuite son entrée dans le cercle des médaillés mondiaux. À partir de 2022, l’or devient sa norme, sur le continent comme aux Mondiaux.
Un détail mérite attention : en 2025, sa catégorie passe officiellement de -90kg à -95 kg. Ce changement de nomenclature IBSA reste administratif. Il correspond à la même catégorie de poids, simplement renommée. Hélios n’a pas changé de gabarit, seulement d’intitulé.
- Premiers podiums : argent européen à Walsall 2017 et Gênes 2019
- Première médaille paralympique : médaille de bronze à Tokyo 2021
- Domination : titres mondiaux et européens enchaînés à partir de 2022
- Nomenclature : passage administratif de -90kg à -95 kg en 2025
Pour situer ces performances dans leur contexte, consulte le para-judo, de la découverte aux championnats d’Europe.
5. Tokyo 2021 et Paris 2024 : ses médailles paralympiques
Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, Hélios vise le titre devant son public. Il atteint la finale du -90kg J2, le sommet attendu après des années de domination. Le rêve d’or se joue alors sur un seul geste.
Son parcours vers la finale impressionne. En quart de finale, il écarte le Géorgien Kizilashvili. En demi-finale, il domine le Brésilien Casanova et valide son billet pour l’ultime combat. Tout indique alors un titre à domicile.
L’Arena Champ-de-Mars gronde ce jour-là. Le public français pousse Hélios vers l’or et transforme ce soutien en attente immense. Cette ferveur devient vite un fardeau émotionnel. Face à l’Ukrainien Nazarenko, Hélios concède un waza-ari dès le début du combat. Ce score précoce pèse sur la suite et fait basculer la finale.
Hélios décroche la médaille d’argent, sa deuxième breloque paralympique après sa médaille de bronze de Tokyo. Ce détail rend le résultat plus amer encore : Nazarenko était le même adversaire qu’il avait battu en finale des Européens 2022. Le destin inverse les rôles au pire moment. Dans les secondes qui suivent, Hélios ne masque pas sa déception. Il était venu chercher le titre, rien d’autre.
« « Je n'avais que l'or en tête. C'est forcément une déception. » »
Hélios Latchoumanaya, après la finale des Jeux Paralympiques de Paris 2024.
- Quart de finale : victoire sur Kizilashvili (Géorgie)
- Demi-finale : victoire sur Casanova (Brésil)
- Finale : défaite contre Nazarenko (Ukraine), waza-ari concédé tôt
- Résultat : médaille d’argent en J2
- Bilan paralympique : bronze à Tokyo 2021, argent à Paris 2024
6. Champion du monde et d'Europe : le parcours mondial
Entre Tokyo 2021 et Paris 2024, Hélios Latchoumanaya règne sur la catégorie J2. Il devient champion du monde et champion d’Europe, enchaînant les titres sur plusieurs saisons. Entre 2022 et 2025, il enchaîne cinq titres majeurs : deux couronnes mondiales et trois titres européens.
Le sacre mondial de Bakou en 2022 marque un tournant. Longtemps outsider, Hélios y arrive en favori. Ce statut neuf est difficile à porter. Il l’assume pourtant et bat le Géorgien Gogotchuri en finale, par ippon au sol. La même année, l’Europe lui sourit à Cagliari en Italie, conclue par un yoko-shiho-gatame en golden score.
L’année suivante confirme cette emprise. Hélios réalise le doublé : sacre aux Européens de Rotterdam et titre mondial à Birmingham. En 2025, il prolonge sa série avec un nouveau titre continental à Tbilissi, en -95 kg après le changement de nomenclature IBSA. Sa progression continue d’inspirer, jusque dans la presse spécialisée, où L’Esprit du Judo lui a consacré un portrait complet.
- Mondial 2022, Bakou : or, finale gagnée par ippon au sol, statut de favori assumé
- Europe 2022, Cagliari : or, golden score sur yoko-shiho-gatame
- 2023 : double titre, champion d’Europe (Rotterdam) et du monde (Birmingham)
- 2025 : or au Grand Prix de Gizeh et aux Européens de Tbilissi
Ce passage d’outsider à favori résume sa trajectoire. Hélios n’a pas seulement gagné des titres. Il a installé une domination durable, championnat après championnat.
7. Quelles sont les techniques fortes d'Hélios Latchoumanaya ?
Hélios construit son judo autour de sa vision très particulière. Il décrit son champ visuel comme “la vie en 16/9”, une bande étroite entre le front et le nez. Cette contrainte façonne chaque choix technique sur le tatami.
Son judo repose sur des automatismes et des saisies établies. Hélios ne suit pas des yeux les mains de l’adversaire. Il place ses prises avec précision directe sur le judogi, par habitude et par sensation. Une fois sa garde posée, il combat à égalité avec ses rivaux et libère toute sa puissance, selon L’Esprit du Judo, qui lui a consacré un portrait complet.
Ses techniques fortes parlent d’elles-mêmes. Au sol, il maîtrise le yoko-shiho-gatame, immobilisation décisive lors de sa finale européenne de Cagliari en 2022. Il finit aussi par ippon au sol, comme au Mondial de Bakou. Debout, son ura-nage projette l’adversaire avec efficacité en compétition.
- Vision “en 16/9” : champ étroit qui guide chaque placement
- Saisies automatisées : prises précises sur le judogi, sans suivi visuel
- Yoko-shiho-gatame : immobilisation gagnante à Cagliari 2022
- Ippon au sol : conclusion décisive au Mondial de Bakou
- Ura-nage : projection efficace confirmée en compétition
Son double entraînement forge cette polyvalence. Hélios travaille avec des judokas valides et para, ce qui durcit ses sensations et affine ses détails. Ce mélange explique sa solidité au sol comme debout. Il en fait une arme rare dans la catégorie J2.
8. Hélios Latchoumanaya, un espoir inspirant pour le Dojo Nantais
Le parcours d’Hélios inspire les pratiquants de handi-judo du Dojo Nantais. Le club, fondé en 1957 par Charles Hervé, compte plus de 1 320 licenciés et arbore le Label OR FFJDA. Il fait partie des plus gros clubs de France.
« Le handicap ne dresse pas de mur infranchissable. »
Hélios Latchoumanaya — Faire Face (2024)
Le para judo y a toute sa place. Anatole Rubin, formé au club, a décroché une 3e place au Championnat de France de la discipline. Martin est de son côté vice-champion de France en para-judo adapté. Le lien avec le Pôle Espoir Pays de la Loire renforce cette dynamique.
Le modèle d’Hélios parle directement à ces jeunes athlètes. Il prouve qu’une déficience visuelle n’empêche pas de viser les Jeux Paralympiques. Son double parcours, en judo valide et en para judo, ouvre aussi des perspectives. Au Dojo Nantais, ces exemples nourrissent l’envie de progresser sans se fixer de plafond.
- Dojo Nantais : fondé en 1957, plus de 1 320 licenciés, Label OR FFJDA
- Anatole Rubin : 3e aux Championnats de France de para-judo
- Martin : vice-champion de France de para-judo adapté
- Lien fédéral : passerelle avec le Pôle Espoir Pays de la Loire
Pour aller plus loin sur les figures françaises de la discipline, découvre aussi le portrait de Sandrine Martinet, championne paralympique. Ces trajectoires montrent qu’en France, le para judo offre un vrai chemin vers l’excellence sportive.
Ce qu'il faut retenir
- Médailles paralympiques — bronze à Tokyo 2021 et argent à Paris 2024 en J2.
- Champion du monde et d’Europe — titres mondiaux en 2022 et 2023, multiples sacres continentaux jusqu’en 2025.
- Déficience visuelle — atteint d’une rétinite pigmentaire depuis l’enfance, classé J2.
- Entraînement à l’INSEP — s’exerce chaque jour avec des judokas valides du haut niveau.
- Inspiration au Dojo Nantais — son parcours fait écho aux para-judokas du club comme Anatole Rubin et Martin.
FAQ
Quelle est la maladie d'Hélios Latchoumanaya ?
Il est atteint d’une rétinite pigmentaire depuis l’enfance. Cette maladie dégénérative réduit progressivement le champ visuel. Elle le classe en catégorie B2, soit J2 en para-judo.
Hélios Latchoumanaya est-il champion paralympique de judo ?
Il est double médaillé paralympique mais pas titré aux Jeux. Il a obtenu le bronze aux Jeux Paralympiques de Tokyo en 2021, puis l’argent à Paris en 2024, en J2.
Quel est le palmarès d'Hélios Latchoumanaya ?
Son palmarès compte deux médailles paralympiques, deux titres mondiaux (2022, 2023) et plusieurs titres continentaux entre 2022 et 2025. Il a aussi remporté plusieurs Grands Prix IBSA.
Dans quelle catégorie concourt Hélios Latchoumanaya ?
Il concourt en J2, réservée aux déficients visuels. Longtemps en -90kg, il évolue depuis 2025 en -95 kg après un changement de nomenclature IBSA, qui correspond à la même catégorie de poids.
Comment Hélios Latchoumanaya s'entraîne-t-il malgré son handicap visuel ?
Il s’entraîne quotidiennement à l’INSEP avec des judokas valides du haut niveau français. Cet environnement exigeant accélère sa progression, comme il l’explique lui-même.
Hélios Latchoumanaya a-t-il gagné l'or à Paris 2024 ?
Non. Il a obtenu la médaille d’argent aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. En finale, il s’est incliné face à l’Ukrainien Nazarenko sur un waza-ari décisif.
Essaie le judo au Dojo Nantais
Le parcours d’Hélios te donne envie de monter sur un tatami ? Le Dojo Nantais t’accueille pour un cours d’essai gratuit, que tu sois valide ou en situation de handicap. Viens découvrir le judo et le handi-judo dans l’un de nos trois dojos à Nantes.
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Sources
Alexandra TAILLEUX

Cyril Jonard, Judoka Paralympique Sourd et Aveugle Médaillé

Hélios Latchoumanaya, Vice-Champion aux Jeux Paralympiques de Paris 2024

Risei Kano : l’architecte du judo olympique

Shinichi Shinohara, légende du judo japonais

Barbara Harel : la Championne de Judo Formée au Dojo Nantais
