Triple champion de France et gardien de la paix, Reda Seddouki mène deux carrières exigeantes de front. Passé de la catégorie des -66 kg à celle des -73 kg, il s’entraîne aujourd’hui à l’INSEP dans le cadre du dispositif policiers sportifs de haut niveau, lancé en février 2024 par la Police Nationale et la FFJDA. Fondé en 1957, le Dojo Nantais compte aujourd’hui plus de 1 320 licenciés qui suivent ce type de parcours avec attention. Voici le portrait complet de ce judoka pas comme les autres.
Table des matières
1. Reda Seddouki, entre tatami et uniforme
Reda Seddouki naît le 6 août 1998, dans la région parisienne. Judoka depuis l’enfance, il se forme au club FLAM 91, en Essonne. Cette structure francilienne forme plusieurs générations de compétiteurs, régulièrement présents sur les podiums nationaux. Il y reste licencié tout au long de sa carrière, y compris après son admission dans les structures fédérales.
Sa catégorie de poids évolue avec les années. Longtemps positionné en -66 kg, il bascule vers les -73 kg à partir de 2022-2023. Ce changement redistribue ses repères face à des adversaires plus lourds et plus grands. Il détient le grade de 1er dan. Cette progression sportive s’accompagne d’un second engagement, moins visible sur les tatamis : celui de fonctionnaire de police.
Reda Seddouki en chiffres :
| Profil | Donnée |
|---|---|
| Né le | 6 août 1998 (27 ans) |
| Catégorie | -73 kg (ex -66 kg) |
| Club | FLAM 91 (Essonne) |
| Grade | 1er dan |
| Titres nationaux | Triple sacre : cadet, junior, senior |
| Meilleur résultat international | Or aux Opens continentaux de Riccione, Perth et Prague |
| Second engagement | Gardien de la paix, Police Nationale |
Sa trajectoire suit un rythme peu commun. Titre national cadet en 2015 à Ceyrat, junior en 2018 à Villebon, puis sacre senior dès 2019 à Amiens. Trois sacres à trois âges différents, en quatre saisons, avant le changement de catégorie qui rebat les cartes.
D’après les informations disponibles, rares sont les judokas français à mener une carrière de ce niveau tout en servant dans la Police Nationale. Ce double statut rythme une large part de son emploi du temps, entre stages fédéraux et périodes de service actif.
Les jalons de sa carrière, du tatami à l’uniforme :
- 2015 : titre national cadet à Ceyrat
- 2018 : titre national junior à Villebon
- 2019 : sacre senior à Amiens, en -66 kg
- 2022 : triple or continental en -66 kg (Riccione, Perth, Prague)
- 2023 : passage officiel en -73 kg
- Février 2024 : convention Police Nationale / FFJDA, entrée dans le dispositif policiers sportifs de haut niveau
2. Le palmarès et les résultats de Reda Seddouki depuis 2022
Le palmarès de Reda Seddouki s’étend de 2015 à 2023, entre titres nationaux et podiums internationaux. Trois sacres consécutifs jalonnent sa jeunesse sportive : cadet, junior puis senior, un triplé rare à cette échelle en France. Son passage en -73 kg, engagé depuis 2022, ouvre un nouveau cycle de résultats face à des gabarits plus imposants. Ces éléments sont confirmés par au moins deux sources indépendantes, dont l’IJF et Judo Results, et le tableau ci-dessous les classe année par année pour suivre sa progression bilan après bilan.
Sur le circuit fédéral et international
Voici le détail de sa trajectoire, du titre national cadets 2015 à l’open européen de Prague 2023. Les Opens continentaux, disputés à Riccione, Perth et Prague, marquent le sommet de sa carrière en -66 kg, avec trois médailles d’or glanées la même saison :
Cette série de titres, obtenue en l’espace de quelques mois, place Reda Seddouki parmi les compétiteurs français les plus réguliers de sa catégorie cette saison-là. Ses trois titres continentaux, obtenus au niveau Open, marquent l’échelon d’entrée du circuit international senior. Son passage aux -73 kg, l’année suivante, s’accompagne d’une médaille d’argent à Prague, sa meilleure performance internationale dans cette nouvelle catégorie.
Sur le circuit réservé aux forces de l'ordre
Reda Seddouki concourt aussi sur un circuit distinct, propre aux forces de l’ordre européennes : celui de l’USPE, l’Union Sportive des Polices d’Europe. En 2019, Reda Seddouki monte sur la plus haute marche du podium à l’USPE. En 2024, à Sofia, il termine deuxième du même rendez-vous dans sa nouvelle catégorie des -73 kg. Il ajoute une troisième place aux Mondiaux militaires, décrochée à Brétigny-sur-Orge, un événement organisé par le Conseil International du Sport Militaire.
| Année | Compétition | Catégorie | Résultat |
|---|---|---|---|
| 2023 | Open européen de Prague | -73 kg | 2e place |
| 2022 | Open européen de Riccione (finale vs Orkhan Safarov, AZE) | -66 kg | 1er, médaille d'or |
| 2022 | Open océanien de Perth | -66 kg | 1er, médaille d'or |
| 2022 | Open européen de Prague | -66 kg | 1er, médaille d'or |
| 2022 | Open européen d'Oberwart | -66 kg | 5e place |
| 2022 | Championnat de France - Toulon | -66 kg | 7e place |
| 2021 | Championnat de France - Perpignan | -66 kg | 7e place |
| 2019 | Championnat de France - Amiens | -66 kg | 1er, champion de France seniors |
| 2018 | Championnat de France juniors - Villebon | -66 kg | 1er, champion de France juniors |
| 2015 | Championnat de France cadets - Ceyrat | -60 kg | 1er, champion de France cadets |
3. Un classement mondial non communiqué et le contexte de Paris 2024
Aucune fédération ne publie de classement mondial individuel à jour concernant Reda Seddouki, un an après son passage en -73 kg. Ce vide s’explique par la mécanique même du classement IJF, qui agrège les points glissants des douze derniers mois de circuit senior.
Ce que ce vide de classement signifie concrètement :
- Un changement de catégorie remet généralement les compteurs à zéro sur le plan du classement mondial
- Aucune publication récente ne permet d’établir un rang précis
- Le tableau de résultats confirmés reste la référence la plus fiable, à défaut de chiffre officiel
Dans cette catégorie évolue notamment Loïc Pietri, référence française installée sur la scène internationale depuis plusieurs saisons. Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, la délégation française a brillé grâce à des athlètes comme Luka Mkheidze, médaillé dans sa catégorie. Le -73 kg olympique était occupé par Joan-Benjamin Gaba, pas par Reda Seddouki.
Sa présence autour de l’événement tenait à son rôle de policier engagé dans la sécurité du dispositif, pas à une performance sur le tatami olympique.
Ce qui est confirmé, et ce qui ne l’est pas, à propos de sa saison la plus récente :
- Confirmé : deuxième place au rendez-vous européen des polices 2024, à Sofia
- Confirmé : entraînement quotidien à l’INSEP
- Non confirmé : une sélection ou une médaille olympique à Paris 2024
- Non communiqué : un classement mondial individuel actualisé
4. Un dispositif inédit entre judo et sécurité publique
Le 2 février 2024, au Grand Slam de Paris, l’un des rendez-vous les plus prestigieux du circuit international, la Police Nationale et la FFJDA officialisent un dispositif dédié aux policiers sportifs de haut niveau par la signature d’une convention. Reda Seddouki figure parmi les trois agents cités nommément comme bénéficiaires de ce texte.
Son itinéraire illustre l’esprit du programme : réserviste, puis lauréat du concours de gardien de la paix, affecté dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, avant d’intégrer l’INSEP tout en restant fidèle à son club formateur, le FLAM 91.
Selon une source secondaire de mai 2020, l’aménagement de son temps de service lui laisserait environ 70 % de disponibilité pour l’entraînement contre 30 % pour les missions de terrain. Cette répartition n’est pas confirmée par une source officielle récente, mais elle illustre l’esprit du texte : offrir du temps d’entraînement sans couper le lien avec le métier. D’après les informations disponibles, un tel équilibre reste peu courant dans le sport français, où beaucoup d’athlètes dépendent plutôt d’un statut civil, militaire ou étudiant.
Le choix du Grand Slam de Paris pour cette signature n’est pas anodin : cet événement rassemble chaque année les meilleurs athlètes mondiaux dans la capitale, offrant une vitrine maximale à ce nouveau cadre.
Les étapes de son parcours policier, telles que rapportées par pa-sport.fr en 2024 :
- Engagement comme réserviste de la Police Nationale
- Réussite du concours de gardien de la paix
- Affectation dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne
- Admission à l’INSEP en conservant sa licence au FLAM 91
5. Une ambition affichée dès 2020, entre judo et engagement citoyen
Avant l’échéance de Paris 2024, Reda Seddouki confiait déjà son attachement à représenter son pays, avec ou sans tatami. Cette déclaration, recueillie par L’Esprit du Judo en 2020, éclaire une motivation qui dépasse le seul cadre sportif :
« « J'aime beaucoup mon pays, le représenter sur un tatami, c'est super cool, c'est une chance, mais si je peux le représenter d'une autre manière, ce serait très important pour moi. » »
Reda Seddouki, L'Esprit du Judo (2020)
Il évoquait aussi, sans que cela ne se concrétise depuis en sélection officielle, une échéance parisienne particulière, à dix minutes de chez lui. Cette citation, formulée quatre ans avant l’échéance réelle, reflète une aspiration personnelle plutôt qu’une annonce de sélection :
« « Paris 2024 ? Cela trotte dans ma tête évidemment. J'espère y être, j'aurai 26 ans, je ferai tout pour en tout cas. Ce serait beau, à la maison, à dix minutes de chez moi, avec toute ma famille. » »
Reda Seddouki, L'Esprit du Judo (2020)
À l’INSEP, il côtoie au quotidien des figures majeures du sport français, à commencer par Teddy Riner, dont la longévité au sommet reste une référence pour toute une génération de compétiteurs. Concilier ce double statut professionnel demande une organisation rigoureuse, entre entraînements bi-quotidiens et service actif.
Ce type de programme s’inscrit dans une politique plus large de soutien portée par l’Agence nationale du sport, aux côtés du ministère chargé des Sports, qui accompagne chaque année plusieurs centaines d’athlètes fonctionnaires.
Les grandes lignes de son quotidien au sein de la structure parisienne :
- Entraînements bi-quotidiens sur le tatami
- Suivi médical et physique intégré au pôle France
- Service maintenu comme fonctionnaire de police
- Objectif affiché : poursuivre la progression vers les échéances internationales
6. Reda Seddouki et les autres athlètes-policiers français
Le dispositif qui accompagne Reda Seddouki découle de la convention signée en février 2024 entre la Police Nationale et la FFJDA. Il ne se limite pas au judo : d’autres disciplines sportives comptent des policiers engagés dans une préparation comparable, sous convention avec leur propre fédération.
Ce type de profil demeure rare en France, où peu de fédérations disposent d’un cadre aussi formalisé avec les forces de l’ordre. À notre connaissance, Reda Seddouki compte parmi les figures les plus visibles de ce dispositif, aux côtés des deux autres bénéficiaires cités par la convention.
Le programme en bref, pour ses bénéficiaires :
- Un principe identique d’une discipline à l’autre : concilier service actif et entraînement exigeant
- Un temps d’entraînement protégé, négocié avec l’employeur
- Un maintien du lien avec le club formateur d’origine
- Un accompagnement à l’INSEP pour les meilleurs profils
- Un modèle encore jeune dans les métiers de sécurité, qui se construit athlète par athlète
7. Ce que son parcours illustre du code moral du judo
Le parcours de Reda Seddouki illustre plusieurs valeurs du code moral du judo, formulé historiquement par Jigoro Kano : respect, courage, sincérité et contrôle de soi. Sa double carrière exige une discipline quotidienne rare, entre les exigences d’un sport individuel et celles d’un métier au service du public.
Le contrôle de soi, en particulier, prend un sens concret dans son quotidien professionnel : les mêmes réflexes de gestion du stress, travaillés sur le tatami depuis l’enfance, s’appliquent aux situations rencontrées en intervention.
Sincérité et modestie caractérisent aussi la manière dont il évoque ses ambitions dans la presse spécialisée, sans jamais surjouer ses chances face aux meilleurs compétiteurs mondiaux.
Les valeurs les plus visibles dans son parcours :
- Respect : de ses adversaires, de son club formateur, de sa hiérarchie policière
- Courage : face à des adversaires plus lourds depuis son passage en -73 kg
- Sincérité : dans ses déclarations publiques sur ses ambitions
- Contrôle de soi : entre les exigences sportives et celles du métier de policier
Ce qu'il faut retenir
- Double carrière : judoka au FLAM 91 et gardien de la paix, Reda Seddouki mène ses deux engagements de front.
- Trois sacres nationaux : cadet, junior puis senior, avant sa montée en catégorie.
- Changement de catégorie : du -66 kg au -73 kg depuis 2022-2023.
- Dispositif policier : intégré en février 2024 au programme policiers sportifs de haut niveau, il s’entraîne à l’INSEP.
- Pas de sélection olympique : Reda Seddouki n’a pas disputé les Jeux Olympiques de Paris 2024, contrairement à des affirmations erronées circulant en ligne.
- Inspiration locale : 2e plus gros club FFJDA de France et labellisé OR FFJDA, le Dojo Nantais compte plus de 1 320 licenciés qui suivent ce type de parcours dans le cadre du Pôle Espoir Pays de la Loire.
FAQ
Reda Seddouki a-t-il participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024 ?
Non, Reda Seddouki n’a pas été sélectionné pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Le -73 kg français était représenté par Joan-Benjamin Gaba. Certaines vidéos institutionnelles ont pourtant affirmé à tort qu’il y était médaillé, une confusion qu’aucune source officielle ne confirme.
Reda Seddouki est-il vraiment gardien de la paix ?
Oui. Reda Seddouki est fonctionnaire de la Police Nationale, engagé d’abord comme réserviste avant de réussir le concours de gardien de la paix. Il est aujourd’hui affecté dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, tout en s’entraînant à l’INSEP.
Qui sont les policiers sportifs de haut niveau comme Reda Seddouki ?
Ce sont des agents de la Police Nationale reconnus comme sportifs de haut niveau, bénéficiaires d’une convention signée le 2 février 2024 entre la Police Nationale et la FFJDA. Reda Seddouki fait partie des trois premiers judokas cités nommément dans ce dispositif.
Quel est le palmarès de Reda Seddouki ?
Reda Seddouki compte trois sacres nationaux consécutifs, en cadets, juniors puis seniors, et trois titres internationaux en 2022 en -66 kg, à Riccione, Perth et Prague. En -73 kg, il termine deuxième de l’open européen de Prague en 2023.
Dans quelle catégorie de poids combat Reda Seddouki aujourd'hui ?
Reda Seddouki combat désormais en -73 kg, après avoir longtemps évolué en -66 kg jusqu’en 2022-2023. Il est licencié au club FLAM 91, dans l’Essonne, et détient le grade de 1er dan.
Où s'entraîne Reda Seddouki actuellement ?
Reda Seddouki s’entraîne quotidiennement à l’INSEP, à Paris, dans le cadre du dispositif policiers sportifs de haut niveau. Il reste licencié à son club formateur, le FLAM 91, en Essonne.
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Rigueur, discipline, double engagement : ces valeurs incarnées par Reda Seddouki se retrouvent, à une autre échelle, dans la pédagogie enseignée chaque semaine au Dojo Nantais. Le parcours de Reda Seddouki donne envie de monter sur un tatami. Le Dojo Nantais propose justement un cours d’essai gratuit dans l’un de ses 3 lieux de pratique nantais, ouvert dès 4 ans en Éveil Judo, pour découvrir la discipline sans engagement.
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Un avis sur le parcours de Reda Seddouki, une question sur son palmarès ou sur le dispositif policiers sportifs de haut niveau ? Laisse un commentaire, l’équipe pédagogique du Dojo Nantais te répond.
Sources
- L’Esprit du Judo, « Reda Seddouki : « J’ai hâte » » (2020) : lespritdujudo.com
- International Judo Federation : ijf.org
- Alljudo : alljudo.net
- Judo Results : judoresults.net
- PA Sport, convention Police Nationale / FFJDA (2 février 2024) : pa-sport.fr
- FFJDA : ffjudo.com
Alexandra TAILLEUX

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