Anne-Sophie Mondière est une judokate française née en 1979 à Roanne, triple championne continentale en +78 kg entre 2006 et 2008. Elle participe à deux Jeux Olympiques, à Pékin puis à Londres. Le Dojo Nantais, 2e plus gros club FFJDA de France avec plus de 1 320 licenciés, accueille dès 4 ans à Nantes. Son parcours illustre l’exigence et la résilience portées par le code moral du judo.
Table des matières
1. Qui est Anne-Sophie Mondière, judokate championne d'Europe ?
Anne-Sophie Mondière est une judokate française née le 1er février 1979 à Roanne. Gauchère, elle concourt en catégorie +78 kg, la plus lourde du judo féminin. Elle décroche trois titres continentaux consécutifs et deux titres de bronze mondiaux.
Son parcours compte deux participations olympiques, à Pékin puis à Londres. Après sa retraite sportive, elle devient kinésithérapeute, élue locale et consultante pour Canal+, trois activités documentées par la presse en 2017. Une vidéo tournée avant sa dernière olympiade la montre revenir sur sa préparation.
Un gabarit exigeant
Cette discipline féminine se structure en classes de poids strictement définies. La sienne, +78 kg, regroupe les gabarits les plus lourds, sans limite haute, et exige puissance et endurance. Comme David Douillet une décennie plus tôt côté masculin, elle domine ce gabarit sur plusieurs saisons.
2. Ses débuts à Roanne et la rencontre avec Cécile Nowak
Anne-Sophie Mondière débute à l’AJ Loire de Roanne, à l’âge de 10 ans, sous les ordres de M. Cateland, son premier professeur. Elle y progresse plusieurs années avant de viser le haut niveau national. En 1999, elle rejoint la section haut niveau féminin du Judo Club de Pontault-Combault, en région parisienne.
La rencontre avec Cécile Nowak
Elle y est entraînée par Cécile Nowak, première championne olympique française de judo en 1992. Enfant, elle admirait déjà Nowak à la télévision, sans imaginer devenir un jour son élève. Cette rencontre marque un tournant décisif dans sa progression.
« Cécile Nowak, est la championne que j'admire le plus. La première championne olympique française. »
Anne-Sophie Mondière, interview alljudo.net (4 octobre 2006)
Sous la direction de Nowak, la jeune Roannaise progresse vite. Dès 2001, elle décroche à Bercy sa première sélection en équipe de France, puis un premier podium continental. Cette étape pose les bases de son ascension. S’entraîner aux côtés d’une ancienne championne olympique change son regard sur ce qu’exige le haut niveau au quotidien : rigueur des randoris, exigence des mises en garde et sens du détail technique.
Pontault-Combault, un tremplin vers le haut niveau
L’encadrement de Nowak marque durablement la jeune Roannaise, au-delà des seuls résultats. Elle y apprend la rigueur et le contrôle de soi, des valeurs qu’elle retrouvera plus tard dans sa reconversion.
Le club de Pontault-Combault s’impose alors comme l’un des centres de formation féminine de référence en France. Ce changement d’environnement d’entraînement accompagne sa progression vers la scène internationale.
Ses premières années de haut niveau tiennent en trois dates clés :
- 1989 — débuts à 10 ans, sous M. Cateland.
- 1999 — arrivée à Pontault-Combault, sous Cécile Nowak.
- 2001 — première sélection en équipe de France, à Bercy.
3. Le palmarès d'Anne-Sophie Mondière en judo
Le palmarès d’Anne-Sophie Mondière s’étend de 2001, année de sa première sélection, à 2012, date de sa dernière olympiade. Le tableau ci-dessous récapitule ses places majeures, année par année.
Un triplé continental
Elle monte trois années de suite sur la plus haute marche du continent, en +78 kg. Ce triplé la place aux côtés d’autres Françaises du même gabarit, comme Émilie Andéol et Séverine Vandenhende, elles aussi titrées au niveau mondial ou olympique.
Deux bronzes mondiaux et un retour réussi
Elle décroche également deux podiums mondiaux, au Caire puis à Rio de Janeiro. Elle ajoute à ce bilan une médaille d’argent, obtenue en 2011 après son retour de maternité, avant de disputer une dernière olympiade.
Entre sa première sélection en 2001 et sa dernière compétition, Anne-Sophie Mondière construit un parcours long et régulier, rare pour une athlète ayant fait une pause pour devenir mère entre-temps.
| Année | Compétition | Catégorie | Résultat |
|---|---|---|---|
| 2005 | Championnats du monde (Le Caire) | +78 kg et toutes catégories | Bronze (x2) |
| 2006 | Championnats d'Europe | +78 kg | Or (championne d'Europe) |
| 2007 | Championnats d'Europe | +78 kg | Or (championne d'Europe) |
| 2007 | Championnats du monde (Rio de Janeiro) | Toutes catégories | Bronze |
| 2008 | Championnats d'Europe (Lisbonne) | +78 kg | Or (championne d'Europe) |
| 2008 | JO de Pékin | +78 kg | 7e place |
| 2011 | Championnats d'Europe (Istanbul) | +78 kg | Argent |
| 2012 | Grand Slam de Paris | +78 kg | Bronze (3e place) |
| 2012 | Coupe du monde de Sofia | +78 kg | 3e place |
| 2012 | JO de Londres | +78 kg | Éliminée en phase préliminaire |
4. Le sacre européen et Pékin 2008
Trois titres consécutifs, un exploit rare
Anne-Sophie Mondière conserve son rang de meilleure du continent sur trois éditions consécutives, une régularité peu commune. Dans ce gabarit, la concurrence s’appuie sur des athlètes imposantes et une grande expérience. Son triplé traduit une maîtrise technique construite depuis Pontault-Combault, sous l’œil de Cécile Nowak.
Pékin, l'aboutissement d'un cycle
Sélectionnée pour représenter la France, elle arrive en Chine en pleine forme, avec l’ambition d’un podium. Sur le tatami, l’écart se joue sur des détails : une garde tenue une seconde de trop, une reprise de combat manquée face à des adversaires venues avec la même ambition. Sa 7e place traduit un très bon niveau, sans atteindre l’objectif visé.
Ce rendez-vous clôt un cycle de quatre années de préparation intensive. Il ouvre aussi, sans qu’elle ne le sache encore, une phase de doute personnel qui marquera un tournant, à la fois physique et intime.
Un statut de référence en poids lourd
Son triplé la place dans le cercle restreint des athlètes capables de viser un podium mondial. On peut imaginer qu’une telle exposition, ajoutée à l’intensité du cycle précédent, a pesé sur les mois suivants. Ce travail de fond, mené depuis 1999, s’accumule sans temps mort véritable sur près d’une décennie, un enchaînement qui laisse penser qu’une fatigue s’est installée au sortir de la Chine.
5. Le creux après Pékin et le rebond personnel
Le burn-out après Pékin
Après les Jeux de Pékin, Anne-Sophie Mondière traverse une phase d’épuisement qu’elle qualifiera plus tard de burn-out. Cette phase survient après quatre années de préparation intensive et trois titres consécutifs.
« En 2008, j'ai arrêté après les Jeux olympiques de Pékin. J'étais en burn-out sportif. »
Anne-Sophie Mondière, Le Moniteur de Seine-et-Marne / mesinfos.fr (14 juin 2017)
Beaucoup d’athlètes de haut niveau traversent une phase similaire après un cycle complet, entre fatigue physique et lassitude mentale. Elle met alors la compétition entre parenthèses, sans annoncer de retraite définitive.
Une naissance, un nouveau départ
En 2009, elle donne naissance à son premier fils, avec son compagnon Frédéric Lecanu, lui-même ancien international. Cette naissance marque un rebond après l’épuisement ressenti en fin de cycle. Devenir maman change son rapport à la compétition et à l’entraînement.
Elle reprend ensuite l’entraînement, avec un nouvel équilibre entre vie personnelle et vie de haut niveau. Ce retour porte ses fruits : elle décroche l’argent à Istanbul et retrouve son meilleur niveau.
Une résilience qui dépasse le tatami
Traverser un épuisement complet, devenir mère, puis revenir au meilleur niveau demande un travail mental autant que physique. Cette trajectoire rejoint les valeurs de contrôle de soi et de persévérance enseignées dès les premiers cours. Ce rebond, documenté par la presse en 2017, montre qu’une pause personnelle peut précéder un retour réussi.
Cette traversée du creux se résume en trois étapes :
- 2008 — arrêt après Pékin, épuisement total.
- 2009 — naissance de son premier fils.
- 2011 — retour à la compétition, argent à Istanbul.
6. Le retour en compétition et Londres 2012
Un retour convaincant
Avant Londres 2012, Anne-Sophie Mondière multiplie les podiums. Elle termine 3e du Grand Slam de Paris, une étape majeure du circuit, puis 3e à la Coupe du monde de Sofia la même année.
Elle dispute aussi le circuit continental cette année-là, confirmant sa présence parmi les meilleures du moment. Sur le papier, ces résultats pouvaient la laisser espérer une place d’honneur à Londres, quatre ans après Pékin.
Londres, la dernière page
Sélectionnée pour sa deuxième olympiade, elle affronte la Brésilienne Maria Suelen Altheman dès les phases préliminaires. Elle s’incline et ne termine pas parmi les places d’honneur, un résultat qui contraste avec ceux de l’année écoulée.
« Après les Jeux olympiques de Londres 2012, je savais que mon chemin de sportive de haut niveau était accompli. Ne pas avoir ramené de médaille a été une déception, cependant je me sentais prête à arrêter. »
Anne-Sophie Mondière, Le Moniteur de Seine-et-Marne / mesinfos.fr (14 juin 2017)
Cette défaite referme définitivement son parcours de haut niveau, treize ans après ses débuts à Pontault-Combault.
Un parcours qui inspire encore
Son double passage par Pékin et Londres reste une référence en +78 kg. Peu d’athlètes disputent deux olympiades complètes après une interruption liée à une naissance. Sa décision d’arrêter, exprimée sereinement plutôt que subie, tranche avec des retraites parfois plus brutales.
Sa dernière saison de haut niveau, en trois résultats :
- Grand Slam de Paris — 3e place.
- Coupe du monde de Sofia — 3e place.
- JO de Londres — éliminée en phase préliminaire.
7. Anne-Sophie Mondière aujourd'hui : kiné, élue et consultante
Anne-Sophie Mondière engage sa reconversion dès la fin de son parcours de haut niveau, sur trois fronts : la kinésithérapie, un mandat d’élue locale et un rôle de consultante télé. Diplômée kinésithérapeute depuis 2005, elle exerce ce métier en parallèle de son engagement local. En 2017, la presse régionale évoque ce double parcours dans un article publié dans Le Moniteur de Seine-et-Marne.
Un diplôme obtenu tôt
Elle obtient son diplôme en pleine préparation, plusieurs années avant sa retraite de compétitrice. Ce choix reflète, selon ses propres mots rapportés en 2017, une envie naturelle d’explorer d’autres activités que le tatami.
Élue locale et consultante pour Canal+
En 2017, elle est élue locale à Pontault-Combault, en charge de la jeunesse et des sports. Elle intervient aussi comme consultante pour la chaîne Canal+, apportant son regard d’ancienne championne sur les grandes compétitions. Ces deux engagements coexistent avec son activité de kinésithérapeute.
Ces informations, documentées par la presse en 2017, dessinent une reconversion tournée vers le local et le petit écran. Elles ne renseignent pas sur une activité plus récente. Son parcours reste néanmoins une référence pour d’autres athlètes en fin de carrière : un diplôme préparé pendant la compétition, un engagement local assumé et un lien conservé avec le tatami par un autre biais que la compétition.
Sa reconversion en bref :
- Kinésithérapeute — diplômée depuis 2005.
- Élue locale — à Pontault-Combault, jeunesse et vie associative (2017).
- Consultante — pour la chaîne Canal+ (2017).
Ce qu'il faut retenir
- Triple titre continental — Anne-Sophie Mondière remporte le rang de meilleure d’Europe en +78 kg trois années de suite.
- Deux olympiades — elle dispute Pékin (2008) et Londres (2012).
- Un mentor de renom — formée par Cécile Nowak, première championne olympique française de judo.
- Une reconversion assumée — kinésithérapeute depuis 2005, élue locale et consultante pour Canal+.
- Le Dojo Nantais — propose le judo à Nantes depuis 1957, dès 4 ans, avec plus de 1 320 licenciés et le label Or FFJDA.
FAQ
Qui est Anne-Sophie Mondière ?
Anne-Sophie Mondière est une judokate française née le 1er février 1979 à Roanne. Elle concourt en +78 kg et enchaîne trois sacres continentaux. Elle est aujourd’hui kinésithérapeute, ancienne élue locale et consultante pour Canal+.
Combien de fois Anne-Sophie Mondière a-t-elle participé aux JO ?
Elle dispute deux olympiades. Elle termine 7e à Pékin, puis est éliminée en phase préliminaire à Londres.
Quel est le palmarès d'Anne-Sophie Mondière ?
Son bilan compte trois titres continentaux consécutifs, deux podiums mondiaux en bronze et un titre d’argent en 2011. Elle a aussi disputé deux olympiades, à Pékin et à Londres.
Quel est l'âge d'Anne-Sophie Mondière ?
Anne-Sophie Mondière est née le 1er février 1979 à Roanne. Elle a 47 ans en 2026.
Quels titres Anne-Sophie Mondière a-t-elle remportés ?
Anne-Sophie Mondière décroche l’or à trois reprises entre 2006 et 2008, l’argent en 2011 et le bronze mondial à deux reprises, en +78 kg.
Qui est Frédéric Lecanu, le conjoint d'Anne-Sophie Mondière ?
Frédéric Lecanu est le compagnon d’Anne-Sophie Mondière et un ancien international. Le couple a un premier fils né en 2009, après la fin de son premier cycle sportif.
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Sources
- Fédération Internationale de Judo — ijf.org
- Le Moniteur de Seine-et-Marne / mesinfos.fr, « Des tatamis à la mairie de Pontault-Combault » (14 juin 2017)
- alljudo.net, interview « Objectif Pékin » (4 octobre 2006)
- Wikipedia FR, fiche Anne-Sophie Mondière
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