Cet article explore l’histoire fascinante de Morihiro Saito Sensei. Il fut l’élève le plus constant du fondateur, Morihei Ueshiba. Nous plongeons ici dans la vie rude à Iwama. Vous découvrirez ses méthodes d’entraînement uniques. Comprendre son parcours est vital pour tout pratiquant sérieux. Ce récit dévoile les racines du véritable Aïkido.
Table des matières
1. Qui était le jeune Saito avant de rencontrer le fondateur à Iwama ?
L’histoire débute dans le Japon rural. Morihiro Saito est né le 31 mars 1928. Le jeune Saito grandit dans un village de fermiers pauvres pendant les années difficiles de l’avant-guerre. La vie quotidienne exigeait une grande force physique. Le garçon cherchait un modèle de courage. Il admirait les figures héroïques et guerrières de l’histoire japonaise.
Comme beaucoup de sa génération, il s’intéressa tôt aux arts martiaux. Il fut exposé au Kendo à l’école. Le jeune Saito choisit aussi de s’initier au Judo. Il aimait la pratique des arts martiaux. Cependant, il ne s’engagea pas durablement dans une seule voie avant la guerre. Puis, le conflit mondial changea tout.
Après la capitulation, le Commandant suprême des forces alliées imposa des règles strictes. Il restreignit les arts martiaux militaristes. Cette période créa un climat de méfiance envers le Budo. Le jeune homme se sentait frustré. Il voulait apprendre à se défendre efficacement. Il s’orienta brièvement vers d’autres formes de combat. Il se sentit obligé de chercher un autre enseignement plus profond. Il chercha un instructeur de judo à Shingu. Mais le destin intervint. Cet instructeur de judo lui dit une chose surprenante. Le professeur de judo lui dit que cet homme vivait non loin. Il dit que cet homme était un maître exceptionnel.
Saito entend parler d’une figure quasi légendaire retirée dans les montagnes. On évoquait un vieil homme utilisant des techniques mystérieuses. La rumeur décrivait un homme utilisant des techniques étranges. Ces histoires de techniques étranges dans la montagne piquèrent sa curiosité. Il devait vérifier par lui-même.
2. Comment la rencontre avec l'homme aux "techniques étranges dans la montagne" a-t-elle eu lieu ?
L’été 1946 marqua un tournant décisif. Le jeune Morihiro monta vers le dojo. Il s’attendait à tout. Il pensait trouver des techniques étranges dans la montagne près du sanctuaire. Il entra timidement. Il vit un vieil homme frêle. C’était O Sensei, le fondateur, Morihei Ueshiba.
L’accueil fut glacial. Morihei Ueshiba le regarda à peine. Il demanda pourquoi il voulait apprendre l’aikido. Saito répondit avec honnêteté brute. Il voulait apprendre à se battre. Ueshiba accepta le défi. Il invita le jeune homme à l’attaquer.
Saito fonça. Il attaqua avec toute sa fougue. En une seconde, il vola dans les airs. La chute fut brutale sur le tatami. La douleur était réelle. L’efficacité était totale. Il venait de trouver son maître. Il supplia pour devenir élève. Morihei Ueshiba accepta à contrecœur. Saito devint alors un disciple dévoué.
3. Pourquoi l'entraînement au Dojo d'Iwama était-il si différent de Tokyo ?
Le Hombu Dojo de Tokyo (quartier de Meguro à l’origine) était célèbre. Mais le dojo d’Iwama était un autre monde. C’était une ferme isolée. Ueshiba s’était retiré dans la petite ville pour cultiver la terre. Il voulait lier l’agriculture aux arts martiaux (Buno Ichinyo). La vie y était spartiate.
Les étudiants les plus proches travaillaient dur. Les plus proches d’Ueshiba aidaient aux champs. Ils priaient chaque matin au Aiki Jinja. Ce Jinja (sanctuaire) était sacré pour le fondateur. L’entraînement physique était brutal. Il n’y avait pas de chauffage. On pratiquait dehors, même sous la pluie.
Voici un comparatif des styles de vie pour mieux comprendre :
| Aspect | Hombu Dojo (Tokyo) | Dojo d'Iwama (Ibaraki) |
|---|---|---|
| Focalisation | Flux et mouvement (Ki no Nagare) | Efficacité martiale et armes |
| Armes | Rarement enseignées | Aiki Ken et Aiki Jo centraux |
| Vie quotidienne | Citadine, administrative | Agricole, vie communautaire |
| Direction | Kisshomaru Ueshiba (gestion) | Morihei Ueshiba (enseignement direct) |
Beaucoup d’élèves abandonnaient rapidement. La plupart des autres élèves partaient vite. C’était trop dur physiquement et mentalement. Morihiro Saito ne quitta jamais cet endroit. Il resta fidèle malgré les épreuves.
4. Comment Saito Sensei a-t-il pu s'entraîner 24 heures sur 24 ?
Saito Sensei avait un avantage unique. Il travaillait pour les chemins de fer nationaux. Son poste était basé à la gare d’Iwama. Il avait un emploi du temps rotatif très particulier. Il faisait 24 heures de travail. Ensuite, il avait 24 heures de repos.
Ce rythme convenait parfaitement au fondateur. Pendant son travail avec 24 heures de garde, il se reposait peu. Mais pendant ses 24 heures de repos, il vivait au dojo. Il aidait Ueshiba à Iwama pour les corvées. Il servait le maître au quotidien. Il s’entraînait le matin. Il s’entraînait le soir.
Il devint un élève interne de fait. Il passait plus de temps avec le fondateur que quiconque. Il servait Ueshiba pendant ces années cruciales. D’autres venaient parfois. Il croisa Tadashi Abe. Il vit Koichi Tohei. Mais eux ne venaient qu’un jour sur deux ou le week-end. Saito fut souvent le seul à rester en permanence. Il était, de loin, le partenaire le plus constant du fondateur.
5. Quelle relation unique unissait Morihei Ueshiba et Morihiro Saito Sensei ?
Cette proximité créa un lien indestructible. Morihei Ueshiba faisait confiance à Saito. Il voyait sa dévotion totale. Il voyait sa force de travail. Ueshiba avait besoin d’aide pour sa ferme. Saito était fils de fermier. Il savait travailler la terre.
Le fondateur lui transmit une pratique approfondie. Il enseignait des techniques invisibles ailleurs. Il transmettait une interprétation rigoureuse du Takemusu Aikido. C’est la création spontanée de techniques infinies. Ueshiba testait tout sur Saito. Saito Sensei servait de cobaye. Il encaissait les chutes puissantes. Il apprenait par la douleur du corps.
Avant sa mort, Ueshiba fit un geste fort. Il donna un terrain à Saito. C’était juste à côté du dojo. Il lui confia une mission sacrée. Morihiro Saito la responsabilité de garder ce lieu lui incombait désormais. Il devait protéger l’Aiki Jinja. Il devait préserver le dojo historique. Saito la responsabilité de l’enseignement et de la préservation, ainsi que la garde du sanctuaire, devinrent sa raison de vivre.
6. Pourquoi la pratique de l'Aiki Ken et de l'Aiki Jo est-elle fondamentale ?
À Iwama, les armes sont vitales. Le fondateur passait ses matinées avec le Ken. Il étudiait le Jo (bâton) intensément. Morihei Ueshiba pratiquait sans cesse. Morihiro Saito observait tout méticuleusement. Il notait chaque mouvement, chaque détail.
Beaucoup de dojos négligent les armes. Ils se concentrent uniquement sur les mains nues. C’est une erreur selon Saito Sensei. Les armes structurent le corps pour l’aïkido. Elles enseignent la distance (Ma-ai). Elles renforcent les hanches puissantes.
Maître Saito mettait l’accent sur ce lien indissociable :
- Le Ken enseigne la coupe précise.
- La coupe structure les techniques à mains nues.
- Le Jo enseigne le placement du corps.
- Tout est lié dans le Riai (principe unifié).
Saito Sensei a organisé ce savoir. Il a créé les “Suburi” (mouvements de base). Il a créé les “Kumitachi” (partenaires au sabre). Il a créé les “Kumijo” (partenaires au bâton). Sans lui, ce savoir serait perdu. Il a préservé une approche martiale des armes, distincte de la logique sportive. Il mettait autant l’accent sur les techniques armées que nues. C’est l’essence même de l’enseignement d’Iwama.
7. Comment Morihiro Saito Sensei a-t-il structuré l'enseignement moderne ?
Le fondateur enseignait de manière mystique. Ses explications étaient souvent abstraites. Il parlait de dieux (Kami). Il parlait de l’univers. Pour un débutant, c’était souvent incompréhensible. Morihiro Saito était un homme pragmatique. Il voulait comprendre la mécanique précise.
Il a analysé chaque technique en profondeur. Il a structuré l’enseignement reçu du fondateur. Il a créé une pédagogie claire et progressive. Il a nommé les étapes d’apprentissage :
- Kotai (travail solide et statique).
- Jutai (travail souple).
- Ki no Nagare (travail fluide).
Il a écrit des livres célèbres. Sa série “Traditional Aikido” est une véritable bible. Il a publié “Takemusu Aikido”. Il a collaboré étroitement avec Aikido Journal et Stanley Pranin. Grâce à lui, on peut apprendre méthodiquement. Il a transformé l’art mystique en système éducatif accessible. Saito Morihiro Sensei a sauvé la technique du fondateur de l’oubli.
8. Quel rôle a joué Saito Shihan dans la diffusion mondiale ?
Pendant longtemps, Iwama resta isolé géographiquement. Le Hombu Dojo de Tokyo gérait l’administration. Iwama était le “lieu secret”. Mais les rumeurs circulaient. Des étudiants étrangers viennent s’entraîner spécifiquement à Iwama. Ils voulaient boire à la source. Ils découvrirent un Aikido puissant et martial.
Saito Shihan commença à voyager. Il alla aux États-Unis enseigner. Il se rendit fréquemment en Europe. Il alla jusqu’en Australie. Il montrait la différence technique. Il montrait la puissance d’Iwama. Il insistait sur les bases solides. Il corrigeait inlassablement les postures.
Les étudiants de Morihiro Saito furent marqués à vie. Ils devinrent des enseignants renommés. Beaucoup d’étudiants de Morihiro Saito retournés chez eux ouvrirent des dojos. Les élèves de Morihiro Saito retournés en Europe diffusèrent le style. Ils créèrent un réseau mondial solide. Le monde découvrit le vrai visage de l’art d’Ueshiba.
9. Pourquoi le nom d'Iwama Ryu est-il devenu synonyme d'efficacité ?
Le terme Iwama Ryu n’a jamais été officiellement revendiqué par Saito Sensei. C’est un terme d’usage. Il désignait le style du dojo d’Iwama. Mais il se distinguait trop des autres courants. À Tokyo, le style évoluait de façon plus fluide. À Iwama, c’était martial et rigoureux. C’était solide comme le roc.
Les pratiquants voyaient la différence immédiate :
- Des saisies fermes et puissantes.
- Des frappes réelles (Atemi).
- L’usage constant des armes (pratique de l’Aiki Ken).
- Une stabilité inébranlable.
Certains appelaient cela “Iwama Aikido”. D’autres disaient “Takemusu“. C’est sous le nom d’Iwama Ryu que le style s’est imposé dans les esprits. C’est un gage de qualité technique. Le Judo pourrait être un complément, mais Iwama se suffit à lui-même. Saito Sensei a prouvé que l’Aikido est redoutable. Le lien entre Aiki Ken et de l’Aiki Jo et le corps est la clé.
10. Quel héritage Hitohiro Saito et les élèves perpétuent-ils ?
Morihiro Saito est décédé en 2002. Le monde de l’Aikido a pleuré un géant. Mais la lignée continue fièrement. Son fils, Hitohiro Saito, a repris le flambeau. Hitohiro Saito occupait depuis plusieurs années une place centrale au dojo. Il a grandi dans cet environnement unique. Saito occupait depuis plusieurs années le rôle d’instructeur principal. Hitohiro reçut l’enseignement rigoureux de son père, dépositaire direct de la tradition.
Après la disparition du maître, des tensions politiques avec l’Aikikai émergèrent. La question du contrôle du dojo d’Iwama entraîna une rupture. Hitohiro a quitté l’organisation principale. Il a fondé son propre réseau indépendant. Il enseigne sous le nom d’Iwama Shinshin Aiki Shurenkai. Il préserve la pureté technique absolue. Il garde l’esprit rigoureux de son père.
D’autres élèves continuent aussi l’œuvre. Des milliers de ceintures noires transmettent ce savoir unique. Ils enseignent sous sa direction spirituelle ou dans leurs propres organisations. Maître Saito est également vivant à travers eux. Chaque Suburi pratiqué honore sa mémoire. L’union du Ken et de l’Aiki Jo résonne dans les dojos du monde.
Ce qu'il faut retenir de Morihiro Saito Sensei
- L’homme clé : Morihiro Saito fut l’élève le plus constant de Morihei Ueshiba.
- La durée : Il a servi le fondateur pendant 23 ans, alternant 24 heures de travail et dévouement.
- Le lieu : Il est le gardien historique du Dojo d’Iwama et de l’Aiki Jinja.
- Les armes : Il a structuré l’Aiki Ken et l’Aiki Jo, essentiels à l’Aikido.
- La pédagogie : Il a rendu l’art du fondateur accessible grâce à une méthode claire.
- L’héritage : Son fils Hitohiro Saito et ses élèves perpétuent le style, souvent appelé Iwama Ryu.
- La vision : Morihiro Saitō a prouvé que l’Aikido est un art martial complet et efficace.
- La fidélité : Morihiro Saito la responsabilité de l’enseignement a été sa mission sacrée jusqu’à la fin.
Cet article sur Morihiro Saito Sensei vous invite à la pratique. Cherchez un dojo sérieux. Testez le style Iwama. Sentez la différence dans votre corps. L’esprit de Saito Sensei vit sur le tatami.
Alexandra TAILLEUX

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