Vice-président de la Fédération française de judo depuis 2020, David Inquel est aussi le fondateur de Harvey, promoteur immobilier basé à Bordeaux qui réalise 20 M€ de chiffre d’affaires. Avant de bâtir des résidences avec dojos intégrés, ce judoka breton né en 1972 à Plouay a conquis un titre de champion de France senior en 1996 et une médaille de bronze aux Championnats du monde par équipes en 1998. À 29 ans, une non-sélection pour les JO de Sydney a tout basculé : il a appliqué au monde des affaires ce que le tatami lui avait appris.
Table des matières
1. Plouay, Morbihan : les premières armes d'un judoka breton
David Inquel commence le judo à Plouay, un bourg du Morbihan en plein cœur de la Bretagne. Il s’initie à la discipline à 6 ans dans une structure locale, et sa progression est rapide. À 14-15 ans, il intègre le pôle de Rennes, où il travaille sous la direction de Serge Decoster, l’éducateur qui va structurer ses premières années de compétition.
C’est là qu’il développe l’exigence et la rigueur qui marqueront toute sa carrière. Le pôle breton lui fournit une base solide : technique, physique, gestion du stress en compétition. À 16 ans, il figure parmi les espoirs du pôle régional et se qualifie pour les championnats de France cadets. La suite lui réserve un choc d’une autre ampleur.
« Tous les éducateurs, coachs de judo t'expliquent que ce qu'il va t'arriver sur un tapis c'est quelque chose de positif, c'est grâce à toi et si c'est quelque chose de négatif, c'est à cause de toi. »
David Inquel — Podcast Le Pompon, épisode 66
2. L'INSEP et le Racing Club de France : le choc du haut niveau
Quand David Inquel arrive à l’INSEP, le centre national d’entraînement de la haute performance française, le tableau est brutal. “Cela a été dur psychologiquement. Quand t’arrives, t’es une star dans ta Bretagne natale. Et, à Paris, tout le monde est plus fort que toi.” Il découvre que le niveau national est un autre monde.
Le chemin vers le Racing Club de France n’est pas immédiat non plus. On lui dit d’abord non : les trois premiers judokas de sa catégorie sont déjà sous contrat avec le Racing Club. Il insiste, propose un salaire junior, et obtient finalement sa place. Il y entre en 1995 et y restera jusqu’à la fin de sa carrière sportive.
Cette capacité à ne pas accepter un premier refus comme une réponse définitive deviendra l’une des signatures de son parcours, sur le tatami comme dans les affaires. Le circuit international IJF lui ouvre ensuite la porte des grandes compétitions européennes et mondiales.
3. Palmarès en judo : champion de France et médaillé mondial
La carrière de David Inquel au haut niveau s’étale sur près de dix ans, avec un pic entre 1992 et 1998. Son titre le plus marquant reste le championnat de France senior 1996 en -78 kg, acquis au terme d’une saison très solide. Dès l’âge junior, il s’était déjà distingué avec un titre national en 1992.
En 1998, il franchit un palier supplémentaire sur la scène internationale. Il monte sur le podium du Grand Prix de Rome, puis contribue à la médaille de bronze de l’équipe de France aux Championnats du monde par équipes, disputés à Minsk en Biélorussie. Cette performance collective reste son résultat le plus référencé à l’échelle mondiale. Voici son palmarès vérifiable :
| Année | Compétition | Catégorie | Résultat |
|---|---|---|---|
| 1992 | Championnats de France Juniors | -78 kg | Champion (or) |
| 1994 | Championnats de France 1re division | -78 kg | 3e (bronze) |
| 1996 | Championnats de France 1re division | -78 kg | Champion de France |
| 1998 | Grand Prix de Rome | -81 kg | 3e (bronze) |
| 1998 | Championnats du monde par équipes | Seniors | 3e (bronze) — Minsk |
4. Style de combat de David Inquel sur le tatami
David Inquel évolue principalement en -78 kg, une catégorie de poids moyen qui exige autant d’explosivité que de lecture du combat. En fin de carrière, il monte en -81 kg, signe d’une progression physique et d’une adaptation tactique à l’évolution du règlement international.
Son passage au Racing Club de France sous l’influence des meilleurs cadres français de l’époque lui permet d’affiner un judo ancré dans les principes fondamentaux : économie d’énergie, contrôle de la garde, recherche du kuzushi avant toute projection. Ce rapport à l’efficacité technique résonne directement avec le principe de Seiryoku Zenyo, l’optimisation de l’énergie qu’il conceptualisera plus tard dans son approche du judomimétisme.
Ses performances en compétition par équipes révèlent aussi une qualité collective : la capacité à performer sous pression pour le groupe, pas seulement pour soi. C’est cette dimension du judo qu’il transpose ensuite dans la culture d’entreprise qu’il construit.
5. Sydney 2000 : comment la non-sélection a tout déclenché
En 2000, David Inquel n’est pas sélectionné pour les Jeux Olympiques de Sydney. Il a 28 ans. Cette décision marque la fin de sa carrière sportive active. Pour beaucoup d’athlètes, ce moment est une impasse. Pour lui, il devient un point de départ.
« Mon logiciel n'était pas adapté. J'ai commencé à travailler à 29 ans. Le judo n'était pas du travail pour moi. »
David Inquel — Maddyness, septembre 2021
Ce qu’il appelle lui-même un “logiciel inadapté” résume tout : pendant des années, la compétition, l’entraînement, la sélection étaient son quotidien, pas une profession. Reconvertir cette expérience en capital professionnel demande une traduction. À partir de 2001, il entame un cursus droit et économie du sport à Limoges, puis obtient un master en fiscalité à Clermont-Auvergne. Ces outils lui permettent de lancer avec Lionel Desage la société COFF, spécialisée en immobilier défiscalisant. Sydney 2000 est le déclic. Apprendre à entreprendre après le sport de compétition : c’est le défi qu’il se fixe, et qu’il relève à marche forcée.
6. Harvey et l'immobilier : bâtir avec l'esprit judo à Bordeaux
Harvey naît en 2018, co-fondé par David Inquel, Romaric Gaudemer et Miriam Annoni à Bordeaux. Ce promoteur immobilier ne ressemble pas aux autres : ses résidences hybrides mêlent hôtel, coliving et, dans plusieurs projets, un dojo communautaire intégré. Le nom est emprunté au personnage Harvey Specter de la série Suits, référence à un certain idéal de performance et de sens du collectif.
En 2019, David Douillet appelle Inquel directement. La réponse d’Inquel est sans ambiguïté : “Je lui ai répondu que si c’était dans le but d’investir, cela ne m’intéressait pas. Mais si c’était pour apporter sa capacité de travail au projet, c’était avec plaisir.” Douillet rejoint Harvey comme associé, et prend la vice-présidence de la holding BAM Society, créée en 2020 pour structurer les activités du groupe : Harvey Hospitality, BAMMOA (construction) et Imagine (enseignement supérieur).
En 2021, Harvey affiche un chiffre d’affaires de 20 M€, 25 salariés, 100 logements livrés et 1 000 en pipeline. En 2025, Inquel et Douillet lancent ensemble la Fondation 1% pour le Sport, qui a déjà collecté 500 000 € et distribué 30 000 € aux associations sportives locales, notamment à Biscarrosse. Les associations sportives de terrain sont au cœur de la mission de la Fondation.
Avant Harvey, Inquel avait déjà co-fondé Ynov, école numérique passée de 60 à 4 000 étudiants avant d’être cédée en 2016. Il avait aussi complété un Executive MBA HEC Paris en 2017 pour ancrer cette trajectoire dans une formation d’excellence.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1972 | Naissance à Plouay, Morbihan |
| 1992 | Champion de France Juniors (-78 kg) |
| 1995 | Intègre le Racing Club de France |
| 1996 | Champion de France Senior (-78 kg) |
| 1998 | Bronze aux Championnats du monde par équipes (Minsk) |
| 2000 | Fin de carrière sportive (non-sélection JO Sydney) |
| 2011 | Cession de COFF, première reconversion |
| 2016 | Cession de Ynov (60 → 4 000 étudiants) |
| 2017 | Executive MBA HEC Paris |
| 2018 | Co-fondation de Harvey (Bordeaux) |
| 2019 | David Douillet rejoint Harvey |
| 2020 | Élu vice-président de la FFJDA — création de BAM Society |
| 2025 | Fondation 1% pour le Sport — 500 000 € collectés |
Pour en savoir plus sur son associé, lire notre portrait de l’ancien champion.
7. Qu'est-ce que le judomimétisme ?
Le judomimétisme est un concept créé par David Inquel pour transposer les principes du judo dans l’entrepreneuriat. Il s’agit d’appliquer trois piliers de la philosophie de Jigoro Kano au management : Jita Kyoei (prospérité mutuelle), Seiryoku Zenyo (efficience maximale) et les huit valeurs morales. Inquel les présente ainsi dans ses conférences :
- Jita Kyoei : l’entraide et la prospérité mutuelle, principe fondamental du collectif
- Seiryoku Zenyo : l’optimisation de l’énergie, faire mieux avec moins
- Les 8 valeurs morales du judo : respect, humilité, courage, honnêteté, honneur, modestie, amitié, sincérité
Ces principes sont développés sur son site davidinquel.com et alimentent un livre à paraître chez Eyrolles en 2026. Inquel les applique aussi en conférence, dans des formats allant de 20-30 minutes (talk court) à 45-90 minutes sur les thèmes du leadership, de la résilience et de l’intelligence collective.
Le judomimétisme n’est pas qu’une théorie de conférence. Inquel l’applique d’abord à son propre parcours. Le Jita Kyoei se lit dans les espaces sportifs communautaires intégrés à ses résidences Harvey. Ces espaces réunissent les résidents autour d’une pratique commune, la prospérité mutuelle prend une forme concrète.
Le Seiryoku Zenyo a guidé sa gestion de Ynov. L’école est passée de 60 à 4 000 étudiants en cinq ans, sans multiplier les moyens à due proportion. Faire plus avec les mêmes ressources, c’est l’optimisation de l’énergie portée à l’échelle d’une entreprise.
Les 8 valeurs morales transparaissent dans sa réponse à son futur associé en 2019. “Si c’est pour investir, non. Si c’est pour travailler, oui.” Cette franchise illustre la sincérité et l’honneur, deux piliers qu’il refuse de sacrifier au profit immédiat.
« Je dis souvent que la meilleure formation, c'est Tatami Sup. Cela exige de la réactivité et permet d'apprendre à gérer la peur de l'échec, qui fait partie du quotidien. »
David Inquel, entrepreneur — Maddyness, septembre 2021
La conférence judomimétisme s’adresse autant aux dirigeants qu’aux équipes. Elle traduit en langage managérial ce que tout pratiquant expérimente dès les premières années : le droit à l’erreur, la lecture de l’autre, l’adaptation immédiate. David Inquel est souvent cité comme modèle par ceux qui cherchent à transposer les valeurs du judo dans un projet de vie ou d’entreprise. Ce que la discipline enseigne sans le formuler, il le formule sans le trahir.
8. Élu vice-président de la FFJDA : servir le judo autrement
Le 18 décembre 2020, David Inquel est élu vice-président de la fédération française de judo, chargé de la Communication et des Partenariats, sous la présidence de Stéphane Nomis. Ce mandat est bénévole. Il s’ajoute à ses responsabilités entrepreneuriales et à sa mission de représentation du judo auprès du grand public.
Parmi ses chantiers : la commission anti-violences, un audit PWC des finances fédérales, et la délégation jujitsu au sein de la FFJDA. En 2024, lors des Jeux Olympiques de Paris, il est présent dans les tribunes pour soutenir une délégation française qui remporte 10 médailles en judo. Ce résultat collectif marque l’aboutissement d’un cycle fédéral dont il fait partie.
Sa trajectoire au sein de la fédération française de judo prolonge logiquement ce qu’il a construit depuis la fin de sa carrière : relier la performance sportive, le monde professionnel et les valeurs du judo dans une cohérence de long terme. Ces valeurs constituent le fil conducteur de tout ce qu’il construit. Pour lui, être élu vice-président, c’est aussi servir les jeunes sportifs qui n’ont pas encore découvert que la pratique leur apprendrait bien plus que des techniques de projection.
Ce qu'il faut retenir
- Champion de France 1996 : titre senior en -78 kg au sommet d’une carrière construite depuis Plouay jusqu’au Racing Club de France
- Médaille mondiale 1998 : bronze aux Championnats du monde par équipes à Minsk avec l’équipe de France
- Harvey Hospitality : promoteur immobilier fondé à Bordeaux en 2018, 20 M€ de CA en 2021, résidences avec dojos intégrés
- BAM Society : holding créée en 2020 avec David Douillet, associant immobilier, construction et enseignement supérieur
- Judomimétisme : concept original d’Inquel appliquant les principes du judo à l’entrepreneuriat, livre Eyrolles prévu en 2026
- Vice-président FFJDA : élu le 18 décembre 2020, responsable Communication et Partenariats, mandat bénévole
FAQ
Que fait David Inquel maintenant ?
David Inquel est vice-président Communication et Partenariats de la Fédération française de judo depuis décembre 2020. Il préside également Harvey, promoteur immobilier basé à Bordeaux, et la holding BAM Society qu’il co-dirige avec David Douillet. Il développe aussi le concept de judomimétisme en conférence et prépare un livre chez Eyrolles pour 2026.
Qu'est-ce que le judomimétisme ?
Le judomimétisme est un concept créé par David Inquel qui applique les principes philosophiques du judo à l’entrepreneuriat et au management. Il repose sur Jita Kyoei (entraide et prospérité mutuelle), Seiryoku Zenyo (optimisation de l’énergie) et les 8 valeurs morales du judo. Inquel le présente en conférence dans des formats de 20 à 90 minutes selon les publics.
Quel est le palmarès de David Inquel en judo ?
David Inquel est champion de France junior en 1992 et champion de France senior en 1996 en -78 kg. Il remporte le bronze aux Championnats de France en 1994, le bronze au Grand Prix de Rome en 1998 en -81 kg, et une médaille de bronze aux Championnats du monde par équipes en 1998 à Minsk avec l’équipe de France.
David Inquel est-il lié à David Douillet ?
Oui. David Douillet a rejoint Harvey en 2019 comme associé après avoir contacté Inquel directement. Les deux hommes co-dirigent ensuite BAM Society, la holding créée en 2020 qui regroupe Harvey Hospitality, BAMMOA et Imagine. En 2025, ils lancent ensemble la Fondation 1% pour le Sport, qui a déjà collecté 500 000 euros.
David Inquel donne-t-il des conférences ?
Oui. David Inquel intervient en conférence sur les thèmes du leadership, de la résilience et de l’intelligence collective à travers le prisme du judomimétisme. Les formats varient de 20-30 minutes pour un talk court à 45-90 minutes pour une intervention complète. Son site davidinquel.com présente les détails de son offre.
David Inquel est-il malade ?
Aucune information publique ne fait état d’une maladie de David Inquel.
Essaie le judo au Dojo Nantais
Comme David Inquel à Plouay, tout commence par un premier cours. Le cours d’essai gratuit au Dojo Nantais est ouvert à tous les niveaux, pour les enfants dès 4 ans comme pour les adultes. 2e plus gros club FFJDA de France, plus de 1 320 licenciés.
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Sources
Alexandra TAILLEUX

Fabio Basile : le Judoka Olympique de Rivoli

David Inquel : Judo, Judomimétisme et Immobilier

Priscilla Gneto : Judokate Corse, Médaillée Olympique

Lasha Bekauri : Double Champion Olympique de Judo

Préparation Physique Judo : Guide Complet pour le Tatami
