Le sport amateur face au Covid, l’exemple du Dojo Nantais – Interview SUN Radio

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Le sport amateur face au Covid, l’exemple du Dojo Nantais.

Interview d'Adrien HOUSSAIS

Professeur de Judo au Dojo Nantais

Le Son Unique
Le Son Unique

Quelles sont les conséquences de la crise sanitaire actuelle sur les structures sportives ? Un exemple local avec le Dojo Nantais.

Elliott BUREAU (journaliste à sUn radio) : Bonjour à toutes, bonjour à tous bienvenu sur SUN Sport votre dose de sport hebdomadaire. Tous les lundis à 12h30.

Aujourd’hui on s’attaque à un sujet complexe : Quel est l’impact de la crise sanitaire sur les structures sportives amateur et leurs licenciés en manque d’activité physique depuis presque un an maintenant. Pour nous éclairer ce midi Adrien HOUSSAIS professeur de judo sur les tatamis du Dojo Nantais.

Elliott BUREAU : Bonjour Adrien,

Adrien HOUSSAIS : Bonjour,

Elliott BUREAU : Alors Adrien Est-ce que vous pourriez brièvement nous présenter le Dojo Nantais ?

Adrien HOUSSAIS : Donc bien sûr on a un club crée en 1957 on a terminé la saison sportive 2019/2020 avec 850 adhérents, on est 4 salariés plus des professeurs bénévoles et une grosse équipe de dirigeants pour dynamiser tout ça.

Elliott BUREAU : Pour commencer, Adrien on le sait la crise sanitaire frappe le monde du sport de plein fouet. On parle beaucoup du sport professionnel mais le monde amateur n’est pas épargné loin de là. Le ministère des sports parle d’une perte de 20 à 30 % de licenciés en 2020, C’est énorme. Le judo serait d’ailleurs la discipline olympique la plus touchée en 2020. Qu’en est-il pour le Dojo Nantais ?

Adrien HOUSSAIS : Alors nous on a perdu 100 licenciés. A l’heure actuelle on doit bien dépasser les 700 licenciés grâce à notre équipe de dirigeants qui a su mettre en place un outil informatique qui permet la prise de licence, de créer du contact via des groupes WhatsApp et la mise à disposition d’activités annexes avec cette pratique par intermittence qu’on peut connaître avec la crise.

Elliott BUREAU : Vous parliez de chance parce que vous êtes en dessous des chiffres de la moyenne nationale. Comment vous expliquez que vous soyez dans des bons chiffres comme ça.

Adrien HOUSSAIS : On a une superbe réputation sur Nantes et puis on a vraiment gardé le contact avec nos adhérents, on les fidélise de par notre travail au quotidien aussi, par notre savoir-faire et puis par tout ce que l’on peut leur proposer pour combler ce manque et faire face à la crise.

Elliott BUREAU : Justement alors que les restrictions s’amplifient petit à petit quelle est la situation pour le judo. Concrètement qu’est-ce que vous avez le droit de faire et le droit de ne pas faire ?

Adrien HOUSSAIS : Donc à l’heure actuelle on a le droit de proposer de l’activité physique en extérieure. C’est ce qu’on fait actuellement pour les enfants du centre-ville sur le cours Saint-André et pour les plus grands dans les environs de Petit Port et bien sûr en respectant couvre-feu donc avant 18h.

Elliott BUREAU : Donc vous ne faites pas vraiment de judo au final ?

Adrien HOUSSAIS : Non du tout on fait de l’activité physique, on fait de la coordination, de la motricité et puis au moins ça permet de nous retrouver d’échanger et tout le monde est content.

Elliott BUREAU : Vous enseigner principalement le judo aux jeunes licenciés de Dojo Nantais. Est-ce que vous avez senti un impact social des différents confinements sur ces jeunes ?

Adrien HOUSSAIS : Je l’avais principalement ressenti à la rentrée en septembre. On accueille les enfants à partir de la grande section et j’avais senti que les enfants qui n’avaient pas pu terminer leur petite section étaient quand même impactés socialement, avaient du mal à se lancer dans l’activité, beaucoup plus réfractaires, beaucoup plus distants. Je pense que ne pas avoir fini la petite section à jouer.

Elliott BUREAU : Justement on le sait le sport c’est un vecteur d’éducation chez les jeunes en complément de l’école. Dans quelles mesures vous pensez que ça leur manque depuis tout ce temps ? Du lien avec les autres ? Le fait de ne pas fréquenter leurs amis ?

Adrien HOUSSAIS : Chez les jeunes j’ai surtout ressenti un gros manque de la compétition, de partir ensemble le weekend, de gagner, de perdre, une leçon de vie, et ça je pense que ça leur manque encore plus que tout.

Elliott BUREAU : Justement les compétitions il n’y en a pas eu en 2020 est que vous vous envisagez peut-être en 2021 de retrouver les tatamis pour des compétitions de judo ?

Adrien HOUSSAIS : On n’en a pas eu, on est un des principaux navrés parce qu’on avait énormément de qualifiés aux championnats de France cette année. Et comment on les envisage en 2021 ? Plus difficilement parce que pour participer à la compétition il faut d’abord s’entraîner et là on n’est pas dans une situation idéale pour s’entraîner correctement et faire face à la compétition.

Elliott BUREAU : On imagine qu’avec tout ça vous redoutez un nouveau confinement au Dojo Nantais.

Adrien HOUSSAIS : Un peu comme tout le monde.

Elliott BUREAU : Ce manque de lien social, ce manque de compétition chez les plus grands ça se matérialise aussi, vous le sentez ? ils vous le disent ?  

Adrien HOUSSAIS : Chez les plus grands ça se matérialise encore plus parce que malgré le contact qu’on essaie de garder on les sent un peu moins présents, en plus le couvre-feu à 18 heures, quelqu’un de normal qui termine de travailler à 17h30 on ne peut pas lui proposer une activité physique en extérieur et puis je pense que plus on grandit plus c’est facile de décrocher du sport.

Elliott BUREAU : Le décrochage du sport c’est un problème. Est-ce que vous craignez peut-être que plus globalement dans tous les sports il y ai ce décrochage des gens vis-à-vis du sport ?

Adrien HOUSSAIS : Bien sûr même avant ce décrochage, c’est la prise de mauvaises habitudes, de remplacer le sport par un écran et après c’est plus le fait de ne plus prendre l’écran pour aller au sport. Si on ne fait rien pour aller au sport c’est simple mais si on doit lâcher un écran pour aller au sport c’est plus compliqué.

Elliott BUREAU : Pour revenir sur cette histoire de contamination, on nous a dit que le sport pouvait être vecteur de contamination, est ce que vous l’avez ressenti, vous avez eu des cas au Dojo Nantais ?

Adrien HOUSSAIS : C’est assez drôle, j’ai été 4 fois cas contact suite à la pratique du judo sur les tatamis du Dojo Nantais dont 2 fois j’avais fait des combats, qu’on appelle des randoris avec les deux cas positifs. A chaque fois on a isolé les groupes 7 jours, tout le monde s’est fait tester et personne n’a été contaminé.

Elliott BUREAU : Vous n’avez vraiment eu aucun cas, vous nous avez dit sur 750 adhérents ?

Adrien HOUSSAIS : On a eu 4 cas sur 750 adhérents qui sont déclarés mais personne n’a été contaminé suite à ces cas. Je tenais aussi d’ailleurs à remercier la mairie parce qu’on a mis un protocole sanitaire en place avec lavage des mains et des pieds et pulvérisation du tatami entre chaque cours. On est assez strict là-dessus, on l’a vraiment bien respecté. Je pense que ceci explique cela.

Elliott BUREAU : Vous avez parlé de la mairie, de l’aide de la mairie, est ce qu’il y a eu d’autres aides de la mairie, de l’État pour des structures comme la vôtre ?

Adrien HOUSSAIS : On n’a pas eu d’aide particulière à ma connaissance. On a utilisé le chômage partiel et puis après la mairie nous aide indirectement via la carte blanche pour la pratique du sport et on espère que cette aide sera reconduite l’année prochaine.

Elliott BUREAU : Et concrètement comment ça se matérialise cette carte blanche ?

Adrien HOUSSAIS : Les personnes qui sont en peu plus dans le besoin ont une aide à hauteur de 150 € par personne une fois par an pour une pratique sportive.

Elliott BUREAU : Merci beaucoup Adrien d’être venu dans le studio de SUN ce midi. Pour rappel vous êtes professeur au Dojo Nantais, professeur de judo pour les jeunes.

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